Trois mois à penser que j’avais un cancer

9/9/2026

Témoignage de Samantha, 32 ans.

Mon histoire a commencé par un pur hasard : lors d'un séjour en Suisse pour profiter du spa et faire un bilan de santé, une insuffisance rénale a été détectée. Je suis repartie de là avec cette angoisse chevillée au corps. De retour en France, j'ai enchaîné les examens jusqu'à ce scanner particulièrement traumatisant.

Cet examen a été une véritable montagne russe émotionnelle. À mon arrivée, pensant qu'il s'agissait d'un simple contrôle, l'infirmière m'a rapidement fait comprendre que je n'avais rien à faire là, estimant pour sa part qu'il ne s'agissait pas d'une insuffisance rénale. Rassurée, je me suis dit que ce ne devait pas être grand-chose. Puis, douche froide : la radiologue souhaite refaire un scanner car elle y voyait quelque chose et devait attendre que le produit s'estompe. Retour en salle d'attente, l'angoisse me saisit à nouveau.

Après ce deuxième passage, on me dit de me rhabiller. Je demande alors à l'infirmière : « Tout va bien si personne ne vient me voir ? » Elle me répond oui. Soulagée, je m'exécute et j'attends le compte-rendu... jusqu'à ce qu'on me demande finalement d'entrer dans un bureau parce que le médecin souhaitait me parler. Ce manque d'empathie et ce grand écart permanent entre le chaud et le froid ont rendu l'expérience particulièrement brutale.

J'ai eu l'impression de basculer dans un film. Ce genre de scène où l'on vient vous chercher dans la salle d'attente pour vous isoler dans une autre pièce, juste avant de vous annoncer qu'il ne faut surtout pas attendre et qu'il faut prendre rendez-vous immédiatement avec un CHU. À ce moment précis, le temps s'arrête. Et sur mon document, figurait ce mot : « lymphome ? ».

Une fois la définition trouvée, ce mot est devenu en une seconde le plus effrayant au monde. Je n'arrivais pas à y croire. Je n'avais jamais imaginé un seul instant qu'il puisse s'agir d'un cancer. Il y a si peu de cas de cancer dans mon entourage que je me répétais en boucle : ce n'est pas possible, ça ne peut pas être vrai.

Je n'avais aucun antécédent médical, une alimentation plutôt variée même si elle pouvait fluctuer... certes, je n'étais pas une grande sportive, mais de là à vivre ça ? J'ai aussitôt revu l'ensemble de mon alimentation et je me suis inscrite dans une salle de sport. Je me torturais l'esprit : Pourquoi ai-je attendu ? Est-ce vraiment à cause de ça ? C'est parce que je ne suis pas sportive que j'ai un cancer ? J'ai désespérément cherché une explication, une solution. Mais malheureusement, il n'y a jamais de réponse à cette question.

J'ai ensuite commis l'erreur que l'on fait tous : pousser les recherches sur internet. En quelques clics, on m'annonçait une espérance de vie de cinq ans. Mon esprit s'est totalement embrumé. Je n'ai même pas eu le réflexe de vérifier ou de nuancer sur une IA. J'ai passé un long week-end de trois jours, bloquée par un jour férié, à me répéter que ce n'était pas possible. Même si mon médecin traitant a ensuite tenté de me rassurer en m'expliquant qu'il s'agissait d'un cancer qui se soignait bien, l'idée était ancrée. L'urologue a confirmé le doute et programmé une biopsie en urgence.

L'examen était terrifiant, suivi de dix jours d'attente interminable où l'on a l'impression d'avoir un ennemi en soi. C'est à ce moment-là, en cherchant désespérément du réconfort, que je me suis inscrite sur l'application Quatre février.

Puis, des pensées étranges m'ont submergée : la peur de perdre mes cheveux, le regret de tous ces rêves jamais réalisés à cause du travail et des excuses du quotidien, la sensation brutale que tout allait s'arrêter.

Puis le résultat est tombé : aucune cellule cancéreuse. Mais après une réunion collégiale, les médecins ont maintenu le doute. De retour pour une seconde biopsie. J'avais l'impression de rejouer le même cauchemar, juste pour retarder l'échéance. Entre mon tout premier scanner passé au mois de mars et ces résultats définitifs tombés à la fin du mois de juin, trois mois d'attente se sont écoulés.

Trois longs mois de souffrance psychologique à me torturer l'esprit au quotidien. Et pourtant, dix jours après cette deuxième biopsie, toujours rien. Il s'avérait que c'était une maladie auto-immune. Au moment de cette deuxième annonce, j'ai eu l'impression qu'un jeu de cartes s'était joué dans l'ombre et que la meilleure carte était tombée de mon côté.

Être soulagée d'apprendre qu'on a une maladie auto-immune peut sembler étrange, mais face à la terreur du cancer, je m'estime extrêmement chanceuse.

Mon parcours est différent de la plupart des vôtres, mais je voulais vous partager ce message : tant que le diagnostic n'est pas tombé, tout peut arriver. Notre esprit est vicieux et nous pousse naturellement vers le pire. J'ai pleuré et cherché avant de savoir. Si la mauvaise nouvelle doit tomber, nous aurons tout le temps d'être tristes, de chercher des réponses, et surtout de nous battre.

Mais d'ici là, il faut préserver l'espoir. Il y a toujours un pourcentage de chance que les choses prennent une autre tournure. Pendant ces jours sombres, une phrase à laquelle je me suis accrochée ne m'a pas quittée : « Le Seigneur inflige ses plus grandes batailles à ses plus grands guerriers. »

Même si je n'ai pas vécu la réalité des traitements que vous affrontez et que je me sais chanceuse d'avoir évité ce cancer, ce mot provoque une frayeur immense. Pendant plusieurs mois, je me suis préparée mentalement à devoir mener ce combat. Et maintenant que les armes sont tombées, il faut réapprendre à remonter les marches. J'essaie de retrouver un état d'esprit positif, et même si je n'y arrive pas encore tout à fait, je sais que j'y parviendrai.

Cette expérience a profondément changé ma vision des choses : je n'imagine pas la force d'âme qu'il vous faut au quotidien pour traverser une telle épreuve. Vous êtes des personnes incroyablement courageuses, résilientes, d'immenses battantes. Mon plus grand souhait pour l'avenir est que ce mot finisse par disparaître du vocabulaire.

Je tenais aussi à ajouter un mot de sensibilisation qui me tient particulièrement à cœur. Quand je vois tourner ces vidéos sur les réseaux sociaux avec des pseudo-guides ou des chamanes qui jouent sans vergogne avec la vulnérabilité de personnes en souffrance, cela me rend malade. Je ne dis absolument pas qu'il faut arrêter de croire, bien au contraire ! Il est prouvé que la foi, la prière ou la spiritualité aident énormément le moral et nous soutiennent à travers l'épreuve. Mais ne faites pas confiance à n'importe qui.

Ces médecins ont consacré leur vie et leurs études à trouver de vraies solutions. N'abandonnez jamais la médecine au profit de gens sans aucun diplôme qui vous vendent des miracles basés sur leurs propres croyances. Gardez votre foi, vos convictions, mais trouvez cette juste synergie.

Enfin, je tenais à adresser un message aux équipes soignantes. On entend souvent des critiques sur la médecine, les médecins ou les hôpitaux. Pourtant, de mon côté, je n'ai jamais été aussi bien accompagnée. J'ai rencontré des professionnels d'une compassion, d'une écoute et d'une gentillesse rares. Nous ne les remercions pas assez. À aucun moment je ne me suis sentie traitée comme un pion à la chaîne : ils ont pris le temps, se sont assis au bord du lit et ont eu des mots d'un réconfort précieux. Parfois, un simple regard chaleureux suffit à vous redonner tout le courage du monde pour vous battre.

Pour toute cette attention humaine qui accomplit déjà une immense partie du chemin : un grand bravo et merci à eux.

Rendez-vous sur Quatre février, la première application dédiée à tous les cancers qui relie patient et proches en un clic, dès l'attente du diagnostic.

App dispo sur App Store et Google Play.