Réforme santé 2026 : ce qui pourrait changer

28/11/2025

Depuis de nombreuses années, le système des affections de longue durée (ALD) permet à des millions de patients, dont ceux atteints de cancer, d’être pris en charge à 100 % pour leurs soins.

Cependant, dans le cadre du budget 2026, François Bayrou a annoncé, ce mardi 15 juillet 2025, une série de mesures pour réduire les dépenses de santé.

Cet article vous explique ce qui pourrait changer, en particulier si vous êtes concerné par une pathologie lourde.

1. Limiter la dérive des arrêts maladie
Le gouvernement souhaite freiner la hausse des arrêts maladie, qui représentent une dépense importante pour la Sécurité sociale.

Pour cela, des contrôles renforcés et un encadrement plus strict des arrêts de travail seront mis en place, afin de limiter les abus.

2. Médicaments : franchises doublées
Aujourd’hui, chaque fois que vous récupérez un médicament, une petite somme est retenue (par exemple 0,50 € par boîte). Ce système s'appelle la franchise médicale.
Par exemple : si vous avez un médicament remboursé 10 €, la Sécu ne vous remboursera que 9,50 €. Les 50 centimes restants sont la franchise.

Aujourd’hui, la Sécu peut vous retenir jusqu’à 50 € par an. À partir de 2026, ce maximum sera doublé : vous pourrez perdre jusqu’à 100 € par an en franchises, si vous prenez beaucoup de médicaments ou faites souvent des examens ou des soins.

« Les plus gros consommateurs de médicaments paieront environ 8 euros par mois. » François Bayrou

Les traitements du cancer resteront gratuits à 100 %, mais si vous avez aussi des médicaments pour d'autres raisons (douleurs, sommeil, infections…), vous pourriez atteindre ce plafond.

3. Une réévaluation du statut ALD
Le gouvernement envisage que certains patients puissent sortir du dispositif ALD si leur état est stabilisé ou s’ils sont en rémission prolongée.

Cette annonce suscite des inquiétudes, car le système des ALD est dans le viseur des pouvoirs publics : 1 Français sur 5 bénéficie aujourd’hui de ce statut, un chiffre jugé trop élevé par François Bayrou : « 20% des Français sont en affection de longue durée contre 5% de la population allemande. (...) Et je ne crois pas que les Français soient en plus mauvaise santé que les Allemands. »

L’objectif affiché : faire 5,5 milliards d’euros d’économies sur la santé.

Qu'est-ce qui pourrait changer ?
Ce qui resterait pris en charge

Les traitements du cancer et les soins en lien direct avec la maladie (chimiothérapie, radiothérapie, examens de suivi, etc.) continueraient à être remboursés à 100 %.

Ce qui pourrait ne plus l’être
Les soins indirects ou généraux (comme des médicaments pour le sommeil, les douleurs non liées au cancer, ou certains examens non justifiés) pourraient ne plus être pris en charge intégralement.Pourquoi cette annonce inquiète ?Cette décision entraîne déjà des protestations des associations de malades : « Il n'est pas juste de vouloir faire porter des efforts sur les personnes qui sont en affection de longue durée, qui sont les plus fragiles », estime Gérard Raymond, président de France Assos Santé.

Certains médecins alertent aussi sur le fait qu'un patient "guéri" reste souvent fragile, sous surveillance, et nécessite un suivi régulier, parfois à vie.

Perdre l’ALD pourrait vouloir dire payer de sa poche des examens importants, comme des scanners ou bilans annuels, et cela pose aussi un risque d’inégalité : ceux qui peuvent se payer une mutuelle solide continueront à se soigner… les autres, peut-être pas.

Que faire si vous êtes en ALD ?

Pas de panique : rien ne change pour l’instant ! Pour que la réforme entre en vigueur, il faudra faire voter une loi, puis publier des décrets d’application.
En attendant, continuez vos soins comme d’habitude, et n’hésitez pas à en parler avec votre médecin traitant ou votre oncologue, qui pourra vous dire si vous êtes concerné à terme.