Témoignage de Véronique, 56 ans, cancer HER2+ avec le gène BCRA2 I Sous hormonothérapie.
Avant la maladie, j’étais très investie dans mon travail d’assistante commerciale et dans une vie active où je donnais énormément aux autres.
Le cancer du sein est arrivé comme un véritable séisme. Au-delà du choc du diagnostic, il y a eu les traitements, les opérations, la fatigue physique et mentale, mais aussi la découverte d’un corps différent qui souffre, avec de nouvelles limites à accepter.
J’ai dû arrêter de travailler après avoir formé ma collègue pendant un mois, 3 jours avant la tumorectomie et surtout pensant revenir une semaine après celle-ci... Car à cette époque, mon travail, c’était ma vie !
Mais ce n’était que le début : les traitements, les interventions... Les arrêts maladie se sont succédés avec la culpabilité de les envoyer à mon employeur.
1 mois... 6 mois... 1 an... 2 ans... Plus les mois passaient, plus j’étais mal à l’idée de reprendre !
Et pendant cette longue période, j’ai fini par comprendre qu'il fallait que je me consacre entièrement aux soins et à ma reconstruction. Au début, je pensais surtout guérir et avancer au jour le jour. Mais avec le temps, j’ai compris que je ne pourrais probablement plus reprendre mon activité comme avant.
Ce qui a été le plus difficile à accepter, ce n’est pas seulement la maladie, mais le fait de devoir renoncer à une partie de mon ancienne vie professionnelle. Et cela a pris du temps. J’étais complètement perdue...
Témoignage de Véronique, 56 ans J’avais envisagé une reconversion dans les massages bien-être et la nutrition, deux domaines qui me passionnent profondément, mais physiquement je ne peux malheureusement plus exercer les massages comme je l’aurais souhaité, les opérations ayant affaibli mon corps et mes bras.
Petit à petit, j’ai essayé de transformer cette épreuve en autre chose. Mais c’est un long chemin...
La création de bijoux fantaisie est née presque comme une thérapie.
Créer Espoir rose by Véro, ce n’est pas seulement fabriquer des bijoux : c’est remettre de la couleur, de la féminité et de l’espoir dans un parcours qui a parfois été très sombre. Le nom lui-même représente beaucoup pour moi.
Ce projet m’apporte aujourd’hui un nouveau souffle, une façon de continuer à avancer à mon rythme, avec mes nouvelles capacités. Il me permet aussi de garder un lien avec les autres et de donner du sens à ce que j’ai traversé.
J'ai décidé de reverser une partie des bénéfices toute l’année à la recherche contre le cancer du sein. C'est ma façon de remercier ceux qui m’ont soignée et aidée. Le moindre euro compte pour faire avancer la recherche.
Le sport a également joué un rôle immense dans ma reconstruction. La marche, la course à pied, le Kangoo Jumps ou encore la salle de sport m’ont aidée à retrouver confiance dans mon corps. Le sport m’a permis de me sentir vivante à nouveau, de retrouver de la force, mais aussi un équilibre mental.
J’aime dire que le sport me sauve la vie.
J’ai eu la chance d’être entourée par mes proches, mais aussi soutenue par certaines rencontres, des professionnels et des personnes qui ont compris ce que signifie devoir se reconstruire après un cancer.
Aujourd’hui, mes priorités ont changé. Je recherche davantage le sens, l’équilibre et la qualité de vie. J’ai appris que l’on peut continuer à avoir des projets, même lorsque la vie nous oblige à changer de direction.
J'aimerais dire aux personnes qui ne peuvent plus exercer leur ancien métier après un cancer qu’il est normal de traverser des moments de doute, de colère ou de tristesse. Il faut parfois du temps pour accepter que notre vie professionnelle change. Mais cela ne veut pas dire que tout s’arrête. Une autre version de soi peut naître, différemment, plus lentement parfois, mais avec tout autant de valeur.
Si je partage mon histoire aujourd’hui, c’est parce que je pense qu’il est important de montrer qu’après la maladie, il existe encore des possibles. Même avec les peurs, les cicatrices et les limitations, on peut continuer à avancer et retrouver une forme d’espoir.
Une chose est sûre...
Il y avait la Véro d’avant le 10 novembre 2022, et il y a la Véro d’après, que j’ai appris à connaître et à reconstruire avec un corps plein de cicatrices mais vivant ! Une vie professionnelle qui a explosé en plein vol du jour au lendemain mais cela m’a permis d’ouvrir les yeux sur ce que je veux, ce qui est bon pour MOI, sur ce qui est important dans la vie qui passe vite et qui tient à un fil parfois !
La vie est belle !Même si elle est parfois dure... après la pluie revient toujours le soleil !
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