Témoignage d'Hanane, 35 ans, en rémission d'un cancer du sein.
Le cancer a entraîné une baisse de libido, autant à cause des traitements que de la chirurgie. Pendant cette période, notre intimité est presque passée au second plan. Entre la fatigue, la douleur et les changements physiques, ce n’était plus une priorité, ni pour moi, ni pour nous. Et puis, quand j’ai commencé à aller mieux, il a fallu réapprendre à se retrouver, petit à petit, avec beaucoup de patience et surtout beaucoup de communication.
Ce n’était pas simple. Avec l’hormonothérapie et le fait d’avoir un corps constamment médicalisé, manipulé par des soignants, j’avais perdu toute connexion avec mes sensations. Je ne m’écoutais plus, je ne ressentais plus de désir, et j’avais surtout besoin de temps pour me réapproprier mon corps.
Psychologiquement, c’était très dur à vivre. J’avais cette impression de priver mon mari d’une part essentielle de notre relation, et la culpabilité me pesait énormément. Lui a toujours été d’un soutien incroyable, il n’a jamais mis de pression, mais dans ma tête, je me disais que je lui imposais quelque chose d’injuste. Et en même temps, je ressentais aussi le besoin de me protéger, de respecter mon propre rythme. C’était un vrai tiraillement entre l’envie de faire plaisir à l’autre et le besoin de prendre soin de moi.
En plus, les effets secondaires des traitements n’aidaient pas : fatigue extrême, sécheresse vaginale, baisse de libido… Tout ça faisait que même si j’avais envie de retrouver notre complicité, j’avais peur d’avoir mal, peur de ne pas y arriver. Pourtant, à chaque fois que je réussissais à me laisser aller, je me rendais compte que ça me faisait du bien, à moi aussi.
J’ai fini par consulter une infirmière onco-sexologue à l’hôpital, d’abord seule, puis avec mon mari. Elle nous a aidé à comprendre l’impact des traitements et à mettre des mots sur ce qu’on traversait. Ensuite, on a fait quelques séances avec une psychologue de couple, parce que, forcément, la maladie laisse des traces, et il fallait aussi réapprendre à communiquer différemment. Et puis, j’ai vu une sexologue, qui m’a donné des conseils concrets, des petits exercices pour me réapproprier mon désir et raviver notre complicité.
Aujourd’hui, ça va un peu mieux. On a appris à se parler plus librement, à s’écouter et à avancer ensemble. Mais je ne vais pas mentir : c’est encore fragile, nous n'avons pas réussi à trouver notre équilibre.
L’impact de la maladie est toujours là, même plusieurs mois après la fin des traitements. Il y a encore des hauts et des bas, des moments où c’est plus difficile, mais on essaie de rester attentifs à notre couple, à notre intimité, et surtout, de ne pas laisser tout ça s’installer dans le silence.
Ce qui compte, c’est qu’on avance, qu’on garde le dialogue ouvert et qu’on continue à construire notre équilibre, même si c’est différent d’avant.
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