PMA et cancer : quand un combat prend la place d’un autre

21/12/2025

Témoignage de Margaux, 36 ans, en rémission d'un cancer du sein - @babymamapma


Je découvre un 24 décembre 2020 (et joyeux Noël !) que je suis en insuffisance ovarienne précoce alors que je désirais faire congeler mes ovocytes.

J’ai 32 ans et mon monde s’effondre. Il est très improbable que je puisse tomber enceinte naturellement un jour, donc la gynéco m’explique qu’il faudra que je passe par une pma avec don d’ovocytes. Un deuil génétique pénible et long à faire.

En mai 2022, alors que je suis célibataire, je décide de me lancer dans une pma solo. Je ne ferme aucune porte quant à la présence d’un papa dans la vie de mon enfant, mais je décide de ne plus perdre de temps en attendant de rencontrer « le bon ».

Alors que je suis sur le point de réaliser une fiv test en novembre, je suis diagnostiquée d’un cancer du sein triple négatif de grade 3 avec atteinte de la chaîne ganglionnaire.

Mon monde s’effondre une seconde fois. Je touche mon rêve de devenir maman du bout des doigts et tout m’explose à la figure. On me parle d’au minimum un an -voire un an et demi- de traitements, puis quelques années sans récidive avant de ne pouvoir reprendre les essais bébé.

Cela me brise le coeur de mettre en suspens mon projet bébé alors que je ne rêve que de ça depuis toujours. Mais malheureusement... je n’ai pas le choix. La priorité est de rester en vie afin de la donner un jour.

J’ai mis plus d’un mois à annoncer à mon centre pma que j’étais malade tellement il m’était dur d’ancrer cette situation dans la réalité.Aujourd’hui, je suis à deux ans de rémission et d’ici un peu moins d’un an, je pourrai reprendre la pma.

La vérité, c’est qu’après tout ce que j’ai traversé avec le cancer, je ne me sens plus de reprendre ce parcours seule. J’ai bien trop peur. Et surtout, je prends davantage en considération le fait que j’ai toujours eu le souhait profond de partager cette aventure qu’est la parentalite à deux !

Maintenant, je m’écoute. Donc lorsque la pma reprendra, ce sera parce que j’aurai trouvé ma moitié, qui partage lui aussi ce désir d’être parent.

Je patiente, me dis qu’un jour, mon tour de goûter aux joies de la maternité viendra.
En attendant, je me remets du traumatisme du cancer et profite de la vie autant que possible.

Un paradoxe s’est installé et je le trouve assez drôle : l’horloge biologique continue de tourner et de m’inquiéter et pour autant, je n’ai jamais été aussi heureuse de voir le temps passer.

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