Papa... Et si tu avais fait ton dépistage ?

11/3/2026

Témoignage d'Alexandra - Ancienne aidante de son papa décédé d'un cancer colorectal.


Pourquoi je témoigne aujourd’hui ?

Parce qu’avec les connaissances que j'ai acquises, j’aurais peut-être pu faire autrement, insister davantage, te poser les bonnes questions plus tôt.

Tu as 63 ans et à quelques semaines d'une retraite tant méritée.

Depuis quelques mois, tu as mal au ventre et c'est inconfortable, tu consultes ton médecin généraliste qui te prescrit du Doliprane et du Spasfon. On te dit que ça va passer.. et personne ne te demande si tu as réalisé ton test de dépistage du cancer colorectal.

Le kit était pourtant chez toi avec le courrier de l'Assurance Maladie mais il n’a jamais été ouvert...

En juin 2017, la coloscopie révèle une anomalie. Immédiatement je te demande le compte-rendu de cet examen, me rapproche d'une amie infirmière et là je commence à mesurer l'urgence dans sa réponse : "il faut consulter rapidement, je vais demander pour que tu vous puissiez avoir un rendez-vous rapide avec un spécialiste à l'ICM"

Ce 17 juin, je prends ton billet de train Paris–Montpellier sans te demander au préalable si tu es d'accord. Ce n’est même pas une décision mesurée ni réfléchie, c'est instinctif.

"Tu viens à la maison ! Nous allons gérer ça ensemble." Le lendemain, c’est la Fête des pères, je te regarde et je comprends brutalement que rien n’est acquis et que ta présence est un privilège.

Et là, une course infernale aux rendez-vous sur Montpellier, puis le verdict tombe : un cancer colorectal déjà métastasé au foie et aux poumons.

C'est impensable, pourquoi ? Mais non, c'est une erreur ! Pourquoi lui ? Bon ok, alors on va faire tout ce qu'il faut et on va y arriver ! Nous sommes ensemble !

C'est là que je suis devenue ton aidante, ta personne de confiance.. sans en prendre conscience. De toute façon, on ne choisit pas de le devenir, on le devient parce qu’on aime.

Personne ne m’a expliqué comment faire. Comment comprendre les comptes-rendus médicaux ? Comment anticiper les effets secondaires ? Comment t'accompagner au mieux ? Comment rester solide ? Comment te soutenir ? La liste est longue...

Alors j’ai appris dans l'urgence, dans la peur mais aussi dans l'amour car à chaque rendez-vous, chimio, examens... j'étais là avec toi. Ensemble toujours ! Dans les salles d'attentes, dans les boxs de chimio à te faire écouter de la musique, te parler, te masser les mains ou les pieds pour tenter d'apaiser cette souffrance.

Il y a eu des jours d’espoir et des jours plus difficiles. Il y a eu de la fatigue, des silences, des larmes que je gardais pour plus tard.

Mais surtout, il y avait nous, notre lien père-fille, notre complicité, notre façon de nous comprendre sans se parler.

Je ne peux pas parler de cette traversée sans évoquer mon homme.

Il a été présent et a su trouver sa place. Gendre attentif et sincèrement attaché à mon père et cette affection était bien réciproque.

Pour moi, il a été un appui discret mais constant, capable d’ajuster nos projets, d’absorber mes silences et de me tenir quand je vacillais.

À un autre degré d'aidance, mais pas moins essentiel.

Tu es resté digne jusqu’au bout mon daddy, doté d’une force incroyable et dans un état d'esprit combatif et positif.

Aujourd'hui, je peux dire que je n’ai aucun regret d'avoir mis ma vie entre parenthèse car j’ai été là pour toi tout au long de ce combat.

Je remercie nos amies et amis qui ont été d'un soutien incroyable.

Si je partage cela aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour te rendre hommage.

C’est pour dire une chose simple : le cancer colorectal peut être dépisté, il s'agit d'un test accessible et gratuit. Un geste qui peut éviter des traitements très lourds et qui peut sauver une vie.

Et nous, les enfants, nous pouvons poser cette question qui peut sembler banale “Est-ce que tu as fait ton test ?”. C’est une preuve d’amour.

Cette épreuve m’a transformée et m'a révélée.

Ma reconversion n’est pas un hasard, elle est née de ces deux années au coté de mon père car je sais ce que vivent les proches-aidants et j'ai pu voir ce que vivent les patients. Isolement, solitude, angoisse, peur, manque de repères... Et cette urgence de vivre !

Aujourd'hui je suis engagée et déterminée à mettre mon énergie et mes compétences au service de projet qui améliorent concrètement le quotidien des personnes concernées par le cancer, tous les cancers !

Je remercie Léa Millet-Nabet pour ses qualités humaines, son authenticité et pour son dévouement à developper un outil novateur pour accompagner les patients et les proches-aidants dans cette épreuve du cancer.

Rendez-vous sur Quatre février, la première application dédiée à tous les cancers qui relie patient et proches en un clic, dès l'attente du diagnostic.

Disponible sur App Store et Google Play.