Le mi-temps thérapeutique

28/11/2025

Le mi-temps thérapeutique, aussi appelé temps partiel pour raison médicale, permet une reprise progressive de l’activité professionnelle, sans mettre sa santé en danger.

Le mi-temps thérapeutique, kézako ?
Le mi-temps thérapeutique est un dispositif prescrit par le médecin traitant (en accord avec la CPAM et l’employeur) quand votre état de santé ne permet pas une reprise immédiate à temps plein. L’objectif est de faciliter la réadaptation au travail tout en assurant un complément de revenus (salaire + indemnités journalières de l’Assurance Maladie).

Quelle est la durée de travail ?
Le temps partiel thérapeutique est souvent appelé "mi-temps thérapeutique". Néanmoins, en pratique, il ne correspond pas obligatoirement à un mi-temps (50 %).

Il n’y a pas de pourcentage fixe imposé : il peut être inférieur à 50 %, égal à 50 %, ou supérieur à 50 %, selon les capacités de la personne et l'accord entre le médecin, l'employeur, et la sécurité sociale. L’objectif est d’adapter le poste à l’état de santé, et non l’inverse.

Quand recourir au mi-temps thérapeutique ?
Bonne nouvelle : il peut intervenir à plusieurs étapes du parcours de soins, en fonction de votre état de santé et de vos besoins.

Après un arrêt de travail long : sécuriser la reprise
Après plusieurs mois d’arrêt, la reprise directe à temps plein est souvent trop brutale.
Le mi-temps thérapeutique peut alors aider à :
- Réhabituer progressivement le corps et l'esprit à un rythme de travail.
- Éviter le surmenage et l'épuisement dès la reprise.
- Préserver l’état de santé sans risque de rechute.

En cas de traitement en cours
Certaines pathologies chroniques nécessitent des soins continus ou des traitements lourds compatibles avec un temps partiel.
Il permet alors de :
- Continuer à se soigner sans être totalement écarté du monde professionnel.
- Maintenir un équilibre personnel et professionnel bénéfique pour le moral.

En prévention d’une aggravation
Pour des maladies évolutives ou des états de santé fragiles, travailler à temps partiel peut prévenir :
- Une dégradation de la santé.
- Une incapacité de travail prolongée.

Jusqu’à quand peut-on bénéficier d'un mi-temps thérapeutique ?
Ce dispositif, encadré par l'Assurance Maladie et le Code de la Sécurité Sociale, permet aux salariés de retravailler progressivement, tout en bénéficiant d’un accompagnement médical adapté.

La durée du temps partiel thérapeutique est fixée :
- Par votre médecin traitant, en fonction de votre situation médicale.
- En accord avec l'Assurance Maladie et le médecin-conseil de la CPAM qui valide la demande.

Dans le secteur privé, cette phase à temps partiel peut durer 6 mois, renouvelable une fois, tandis qu'elle dure 3 mois pour un fonctionnaire, renouvelable 3 fois.

Comment se déroule un mi-temps thérapeutique ?
1) Consultation avec votre médecin traitant :
- Il évalue votre capacité à reprendre à temps partiel.
- Il délivre un certificat au salarié prescrivant le temps partiel thérapeutique.

2) Accord de l’employeur et du médecin du travail :
- Le salarié doit rencontrer le médecin du travail avant la reprise du travail pour valider avec lui l’aménagement de la reprise.
- Votre employeur doit accepter l’organisation du temps partiel proposé par le médecin traitant et la médecine du travail.

3) Validation par l’Assurance Maladie :
- La Caisse d'Assurance Maladie valide le dispositif et organise le versement complémentaire des indemnités journalières.

4) Mise en place pratique
- Vous travaillez à temps partiel.
- Vous percevez une rémunération partielle par votre employeur, complétée par la Sécurité Sociale.

Article relu par Pauline S, assistante sociale en milieu hospitalier.


TÉMOIGNAGES

Olivia, 39 ans
En 2022 j'ai été diagnostiquée d'un cancer de l'ovaire : j'ai enchaîné directement chimios et opération alors que je venais tout juste de signer un CDI. J'ai été arrêtée pendant presque 1 an, je n'avais qu'une hâte : reprendre le travail, m'occuper l'esprit, retrouver mes collègues. J'ai dû passer devant la médecine du travail qui a été très compréhensive. On a parlé de mes capacités physiques et intellectuelles (la chimio m'a laissé beaucoup d'effets secondaires) j'ai vraiment eu le sentiment d'être écoutée. Nous avons choisi un temps partiel thérapeutique réparti sur 4 matinées par semaine.

Je ne savais pas qu'on pouvait adapter librement la durée du travail : ce n'est pas forcément la moitié du temps habituel. Pour vous donner un exemple : mon contrat est de 39 heures par semaine, mais je ne suis pas obligée de faire exactement la moitié, soit 19,5 heures ; je serai en contrat de 16 heures par semaine. J'appréhendais ce rendez-vous de reprise, mais je suis finalement ressortie soulagée d’avoir été entendue. Le bien-être des salariés est leur priorité.

Virginie, 42 ans
À cause des traitements lourds, j’ai dû interrompre ma vie professionnelle, comme beaucoup d’entre nous, et me mettre en arrêt maladie. Depuis l'arrêt des traitements, mon corps se remet petit à petit de ce tsunami mais j'avais très envie de reprendre le travail pour renouer avec une vie "normale".

J'étais encore affaiblie donc j'ai eu recours au temps partiel thérapeutique. Beaucoup parle de "mi-temps thérapeutique" mais c'est bien d'un "temps partiel thérapeutique" dont nous devons parler, car nous pouvons choisir ce qui nous convient. Le temps partiel thérapeutique offre la possibilité de reprendre une activité professionnelle à temps partiel. L’employeur rémunère le temps travaillé et la Sécurité sociale verse le complément : il n’y a pas de perte de salaire.

J'ai été, au préalable, voir mon médecin généraliste pour lui en parler et voir si cela était possible. Avec son accord -c'est lui qui établit l'arrêt de travail correspondant-, j'ai demandé à mon entreprise ce que nous pouvions mettre en place. J'ai la chance et l'inconvénient de travailler avec et pour mon mari. Quand je lui ai dit que malgré la fin des traitements lourds je ne me sentais pas de reprendre au même rythme qu'avant, j'avais un peu peur de sa réaction. J'ai à ma charge l'ensemble de l'administration de la société.

Alors, en tenant compte des impératifs de mon poste, nous avons validé un rythme de 3 jours par semaine. J’ai ensuite été convoquée à la visite médicale de reprise, obligatoire après un arrêt de travail de plus de six mois. Le médecin du travail a également donné son accord. Aujourd'hui je suis toujours en temps partiel thérapeutique car j'ai encore un petit traitement, et je suis très satisfaite. Mes collègues se sont faits à ce nouveau rythme : on apprend à anticiper certaines échéances et cela n'a au final rien changé.

Je peux travailler sereinement sans perte de salaire et ne pas trop me fatiguer. Cela laisse à mon corps le temps de se remettre tout en exerçant une activité professionnelle. C'est un très bon compromis. Dès que je le pourrai, je reprendrai à temps complet. Et si jamais cela ne se passe pas bien, j’ai toujours la possibilité de me remettre en arrêt de travail.

Alice, 31 ans
J’ai déclaré un cancer du sein métastatique à mes 27 ans. J’ai été en arrêt pendant presque 3 ans, et je suis dans la fonction publique.

J’ai ressenti le besoin de retourner au travail dans ma 3ᵉ année d’arrêt : j’étais à distance des gros protocoles de soins, des opérations, et j’étais un peu plus reposée. J’ai demandé à mon oncologue si elle était OK pour que je reprenne, avec mon hormonothérapie et ma thérapie ciblée.

Puis j’ai contacté mon service RH / gestion des congés maladie pour connaître les modalités de reprise, et j’ai ensuite fait la démarche pour rencontrer la médecine du travail.

J’ai eu un rendez-vous de pré-reprise avec la médecine du travail, 3 semaines avant mon retour. Lors de ce rendez-vous, nous avons discuté de mon parcours de soins : comment je me sentais aujourd’hui, et quels traitements j’avais encore.

Elle m’a également demandé si j’avais des rendez-vous médicaux à l’hôpital ou en clinique, car ma collectivité autorise les absences pour rendez-vous médicaux quand on est en ALD. Elle a noté en moyenne le nombre d’heures à l’année où je devrais m’absenter (petscan tous les 3 mois, rendez-vous oncologue, chirurgienne, centre de la douleur, etc.).

Nous avons aussi discuté de la quotité de reprise. Pour moi, c’était une reprise à 50 %. Elle a validé et a transmis toutes ces informations à ma hiérarchie.

Quelques jours avant ma reprise, j’ai rencontré ma hiérarchie pour organiser mon 50 %, l’emploi du temps, les tâches que j’allais pouvoir faire, discuter aussi de mon état actuel et des difficultés dans le poste.

Une fois de retour, j’ai prévenu mes collègues que ce ne serait pas évident pour moi, mais que j’étais motivée. Cette reprise d’emploi m’a fait du bien moralement : revenir dans la vie active, retrouver cette grosse partie de vie sociale, ça m’a fait du bien. Mais physiquement, c’est compliqué. Mes traitements me fatiguent beaucoup et je fais un métier très actif.

J’ai droit à 1 an de mi-temps thérapeutique. J’augmente mon temps de travail progressivement : j’ai fait 5 mois à 50 %, et depuis 15 jours je suis passée à 60 %.

C’est mon médecin traitant qui me fait mon arrêt en mi-temps thérapeutique : elle note la quotité de temps de travail et choisit la durée – dans mon cas, c’est 3 mois. Je prends rendez-vous avec elle avant la fin des 3 mois pour renouveler ma demande de mi-temps.

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