Témoignage de Margaux, 36 ans, en rémission d'un cancer du col de l'utérus.
Les traitements ont entraîné une baisse de libido, surtout de mon côté, et ça dure. La fatigue et les effets secondaires pendant les traitements (surtout que cancer du col = hémorragies pour ma part, pas méga glamour). Et après, fatigue, ménopause, sécheresse et la curiethérapie m'a rabougri, j'ai beaucoup de douleurs et des saignements à chaque rapport. Ça ravive de mauvais souvenirs.
Mon compagnon était là pour moi, pour prendre soin de moi, me masser les jambes quand je n'arrivais plus à marcher, me laver pendant les 3 jours alitée de la curiethérapie. Il a beaucoup pris le relais avec notre fille aussi.
Aucune pression de sa part, on en a parlé, c'est un amour. On parle beaucoup, on passe du "temps-repos" ensemble, ça nous convient.
La pression vient du corps médical, notamment mon oncologue qui m'a dit : "Monsieur va devenir fou si vous ne faites rien"... J'ai évidemment abordé le sujet avec ma psy, mais ce n'est pas vraiment un blocage à surpasser. Avoir mal et saigner, c'est dur... On m'a dit que ça prendrait du temps. Et en attendant, ça ne donne pas vraiment envie.
Je n'ai pas été accompagnée par des professionnels car les réponses de mon oncologue et de ma gynéco étaient systématiquement les mêmes : plus de lubrifiant, prendre son temps, et ça passera.
Je pense que la ménopause jeune, on ne s'attend pas à un tel impact qui dure. J'aurais aimé que ce soit un vrai sujet important, limite avec une rééducation comme après un accouchement. Idem pour se réapproprier son corps : on perd du poids, on en prend, le corps change, des cicatrices apparaissent, c'est dur comme changement.
Je ne savais même pas que j'allais être ménopausée, on m'avait dit que ce serait "temporairement" alors que pas du tout. Mon oncologue ne voulait pas parler des "risques" car pour lui, il était possible que je n'ai pas d'effets secondaires... Sauf que du coup, j'ai appris trop tard et je n'ai pas eu le temps d'être accompagnée/préparée.
Je pense que pour un couple qui traverse ça, le meilleur conseil c'est de comprendre que l'intimité ce n'est pas que le sexe. Et que les rapports, ce ne sont pas que des pénétrations. Malheureusement, encore beaucoup d'hommes qui sont sur ce schéma et le "devoir conjugal" même malade, c'est dégueulasse. Surtout quand on est faible, fragile et qu'il faut se réapproprier son corps.
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