Témoignage de Léa, 29 ans, en rémission d’un lymphome de Hodgkin.
Fin 2023, à bout de souffle. Six ans et demi de vie commune, la routine, le rythme effréné du quotidien, des boulots stressants et envahissants, un déséquilibre dans les tâches domestiques et la charge mentale, un manque de communication et d’écoute.
Autant de raisons qui déclenchent un énorme séisme dans notre couple. Un voyage à l’étranger est prévu début 2024 et nous pensons que cela va nous faire du bien et nous permettre de nous retrouver, loin de tout et du quotidien. C’est le cas. Mais une fois de retour, on retombe dans nos travers.
Alors que j’idéalisais notre couple, que je voyais notre avenir et notre future famille, j’en viens à tout remettre en cause. Et au printemps, cette question : Est-on encore ensemble par amour ou par habitude ? Ça fait mal, c’est fatiguant, très fatiguant. Et puis il y a ces ganglions étranges qui s’installent depuis quelques semaines. Et ces démangeaisons. Et ces sueurs nocturnes. Et cette sensation d’oppression et d’essoufflement.
Ce n’est pas mon corps qui exprime toute la douleur de la situation, je le sais, j’en suis intimement persuadée, il y a autre chose. Alors je décide de consulter mon médecin.
16 avril 2024. Une première prise de sang inquiétante. On la complète avec un bilan plus poussé quelques jours plus tard. Rien de plus.
17 mai 2024, scanner thorax-abdomen. Même pas le temps de me rassoir en salle d’attente que le radiologue m’appelle : « On retrouve une masse tumorale très importante entre vos poumons, je vous demande de voir votre médecin dans l’après-midi. » Voilà, la bombe est lancée.
Le soir même, mon conjoint s’effondre. Moi, je tiens le coup. Très vite il me dit qu’il va être là, qu’on va se battre. Puis les rendez-vous s’enchaînent : hématologue, radiothérapeute, biopsie, pose du cathéter.
Puis le verdict : lymphome de Hodgkin invasif stade 2E. Maintenant, on sait contre qui se battre. On connaît le protocole. Il est lourd, il fait peur. C’est dans ses bras à lui que je me réfugie. Mon bouclier.
Les traitements commencent et, pendant les six mois qui vont durer, il a été à mes côtés. Il a passé des heures assis sur cette chaise d’hôpital dans ma chambre stérile, le midi, le soir et les week-ends. Il a géré son travail, la maison, mes envies délirantes de frites au ketchup et de bonbons qui piquent.
Il m’a rassurée, m’a fait rigoler, m’a consolée quand je pleurais pour avaler une simple cuillère de compote. Et dans cette épreuve, notre plus grande victoire a été d’apprendre à mieux communiquer, à s’écouter plus attentivement, à reconnaître et corriger nos erreurs, à laisser la place à l’autre, aux émotions, à prendre le temps pour nous au milieu de ce KO quotidien.
Je suis en rémission. Le combat est différent, plus silencieux, mais il continue. Et je sais qu’il est mon pilier. On est retombés amoureux. Encore mieux. Encore plus fort. On continue à communiquer et à s’écouter. À se tirer vers le haut sans empiéter l’un sur l’autre. On grandit ensemble.
Et je sais que ma famille, c’est lui, et nos futurs enfants. Sans aucun doute.
Sans cette épreuve, est-ce qu’on se serait retrouvés ?
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