La loi Duplomb

17/12/2025

Depuis quelques jours, on entend parler de la "Loi Duplomb". Mais de quoi s'agit-il exactement ? Pourquoi fait-elle tant réagir ? Quels sont les impacts sur notre santé ?Si elle soulève des débats sur plusieurs fronts, nous allons ici nous concentrer sur un point en particulier : ses impacts potentiels sur la santé.

La Loi Duplomb, késako ?
C'est une proposition de loi déposée au Sénat en novembre 2024 par deux sénateurs, Laurent Duplomb et Franck Menonville.

Son objectif : simplifier le travail des agriculteurs en allégeant certaines règles jugées trop contraignantes, afin de leur permettre de produire plus facilement et plus efficacement, tout en renforçant la compétitivité de l’agriculture française face à ses voisins européens.

Pour Laurent Duplomb, « nous sommes le seul pays en Europe à être tombés dans le piège qui consiste à interdire des produits autorisés partout ailleurs. »

Après son passage au Sénat, elle a été adoptée par l'Assemblée nationale en juillet 2025 à 316 voix contre 223.Le retour de pesticides interdits en FranceLa mesure la plus controversée de la Loi Duplomb concerne la possibilité de réutiliser certains pesticides, et notamment l'acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, interdit en France depuis 2018 en raison de sa toxicité.

Cette mesure divise, et les arguments divergent entre ceux qui y voient une nécessité économique et ceux qui alertent sur les risques sanitaires.

Du côté des défenseurs
Les agriculteurs favorables à cette mesure affirment ne pas avoir d'alternatives efficaces pour protéger leurs cultures des insectes, et dénoncent une concurrence déloyale avec d'autres pays européens qui autorisent encore ces substances.

Pour Franck Sander, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves, « le bon sens a pris le dessus. C'était une question de vie ou de mort. Nous allons de nouveau être sur un pied d'égalité avec les autres. Je viens d'Alsace et à 20 kilomètres de chez moi, en Allemagne, ils l'utilisent. »

Du côté des opposants
Cette mesure soulève de grosses inquiétudes, et notamment l'augmentation des risques de cancers et maladies pour les agriculteurs et les riverains.

En effet, des liens entre l'exposition aux pesticides et certaines maladies, dont plusieurs types de cancers (lymphomes non hodgkiniens, myélome multiple, cancers de la prostate, leucémies), sont déjà établis par des études scientifiques.

En réintroduisant des substances controversées, les opposants craignent une aggravation de ces risques, ainsi qu'une détérioration de la santé publique.

Comment minimiser son exposition aux pesticides/produits chimiques ?
Privilégiez les produits bio qui ont moins de résidus de pesticides.
Pour découvrir les fruits et légumes les plus contaminés selon les analyses européennes, cliquez ici.

Bien laver et brosser les fruits et légumes.
- Laver à grande eau + vinaigre blanc ou bicarbonate de soute.
- Frotter avec une brosse à légumes.
Pour info, les éplucher retire une grande partie des pesticides… mais aussi des fibres et nutriments.

Favoriser des produits locaux ou de saison
- Les produits importés peuvent être traités avec des pesticides interdits en Europe.
- Manger local réduit aussi les émissions liées au transport.

Entretenir son jardin sans produits chimiques
- Adopter des méthodes de jardinage naturel : paillage, associations de plantes, compost, etc.
- Rechercher des labels comme "Zéro phyto".

Bien s'informer
- Consulter régulièrement les actualités sur Générations futures.
Applications utiles : Yuka, Open Food Facts, Clean Fifteen...

Pour un résumé accessible en vidéo, vous pouvez consulter la vidéo d’Hugo Décrypte, très complète sur le sujet - cliquez ici