Comprendre la MDPH

28/11/2025

Si vous pensez que cet article ne vous concerne pas parce que vous n’êtes pas en situation de handicap… alors il est justement fait pour vous !


La MDPH, kézako ?
La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est un service public, présent dans chaque département, qui vous accompagne et vous aide à faire valoir vos droits si vous êtes atteint d’un cancer ou si vous accompagnez un proche malade. La MDPH s’adresse à toute personne en situation de handicap, quel que soit son âge.

Qui peut faire une demande à la MDPH ?
Le cancer, en fonction de son évolution et des effets secondaires des traitements, peut être reconnu comme une situation de handicap. Cette reconnaissance permet d’accéder à des aides concrètes pour mieux vivre au quotidien, sur le plan personnel, familial ou professionnel.

Si la maladie ou les traitements affectent votre autonomie, votre emploi ou votre vie sociale, vous pouvez déposer un dossier auprès de la MDPH.

💡 Bon à savoir : Les proches-aidants peuvent également bénéficier de conseils, d’écoute et d’orientations adaptées.Quelles sont ses missions ?Dès l'annonce de la maladie, pendant les traitements ou après, la MDPH peut intervenir pour :- Identifier avec vous les conséquences du cancer sur votre quotidien.- Proposer des solutions pour adapter votre environnement (travail, logement, déplacements).- Faciliter l’accès à des aides humaines, techniques ou financières.

En résumé : la MDPH est là pour vous écouter, vous soutenir et faciliter votre quotidien, dans la durée et en fonction de vos besoins réels.Q

Quelles aides est-il possible d’obtenir ?
Voici les principales aides que la MDPH peut proposer :
- La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) pour adapter votre emploi ou être accompagné dans votre parcours professionnel. [Voir l’article]

- L’allocation adulte handicapé (AAH) : une aide financière mensuelle qui permet de garantir un revenu minimal pour faire face aux dépenses du quotidien. [Voir l'article]

- La prestation de compensation du handicap (PCH) pour prendre en charge en totalité ou en partie les dépenses liées au handicap. [Voir l'article]

- La carte mobilité inclusion (CMI) pour faciliter vos déplacements. [Voir l'article]

💡 Bon à savoir : Il est possible de cumuler plusieurs aides.

Comment faire une demande ?
1
- Télécharger ou retirer le formulaire auprès de la MDPH de votre département (site internet, courrier ou sur place).👉🏻 Téléchargez le formulaire ici.
👉🏻 Trouvez la MDPH la plus proche de chez vous ici

2 - Remplir le formulaire, en détaillant précisément les difficultés rencontrées dans votre vie quotidienne (fatigue, douleur, mobilité, concentration, etc.).

3 - Joindre un certificat médical de moins d'un an, rempli par votre médecin traitant ou votre oncologue.

4- Ajouter les pièces justificatives nécessaires (carte d’identité, justificatif de domicile, etc.).

5 - Envoyer le dossier complet à votre MDPH.

Votre dossier est ensuite étudié par une équipe pluridisciplinaire (médecins, travailleurs sociaux, psychologues, etc.). Le traitement peut prendre plusieurs mois : en moyenne entre 3 et 6 mois selon les départements. Une fois la décision prise, vous recevrez une notification officielle précisant les aides accordées, leur durée et les modalités de renouvellement.

Et si votre situation change ?
En cas d’évolution de votre état de santé (amélioration ou aggravation), vous pouvez faire une nouvelle demande à tout moment pour adapter les aides à votre situation actuelle.

💡 Bon à savoir : La MDPH est aussi un lieu d’écoute pour vos proches-aidants. Elle peut les accompagner dans les démarches, leur fournir des informations claires et leur permettre de mieux anticiper les besoins liés à la maladie.

Astuce : Dans plusieurs départements, il est désormais possible de faire les démarches en ligne via le site de la MDPH. Cela permet de gagner du temps et de suivre l’avancement du dossier.Article relu par Pauline S, assistante sociale en milieu hospitalier.

TÉMOIGNAGES

Élise, 33 ans - "À la fin de mes traitements, j’ai eu la chance que ma chirurgienne, lors d’un rendez-vous de suivi, évoque la MDPH, un sigle qui m’était totalement inconnu"
C'est la Maison départementale des personnes handicapées, parce que oui, la maladie ne m’a pas laissée indemne ; je suis désormais en situation de handicap. Et des droits en découlent. Dans un premier temps, j’étais gênée de faire cette demande, je ne me sentais pas légitime parce que « il y a toujours pire », mais mon médecin traitant m’a rassurée.

J’ai pu être accompagnée par une conseillère du service social de la CPAM pour constituer mon dossier MDPH. Un long dossier à remplir et de nombreuses pièces jointes à fournir (ordonnances, comptes rendus, divers bilans…). Mais surtout, une possibilité d’aides à plusieurs niveaux en fonction de nos besoins : aide financière, aide à la réinsertion, reconnaissance du handicap, carte mobilité inclusion… Une fois le dossier envoyé, une réponse est donnée sous 3 mois. Cette demande me permet de bénéficier de la RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) et de l’AAH (Allocation adulte handicapé). La RQTH permet des aménagements si nécessaire dans le cadre de votre travail. L’AAH, versée par la CAF, est une aide financière non négligeable.

Si j’ai un conseil à donner, c’est de ne pas hésiter à solliciter de l’aide dans vos démarches, pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé en fonction de votre situation et pour être correctement informé sur vos droits.

Lydie, 35 ans - "Vous arrivez à la fin de vos droits en avril 2024. Si vous souhaitez continuer à percevoir des indemnités dans le cadre d'un temps partiel, il faut faire une demande d'invalidité."

INVALIDITÉ.

"Tenez, un dossier MDPH pour demander une RQTH".
H pour... HANDICAPÉE.
Moi, invalide et handicapée ?

Il m'a fallu revoir la sémantique avant d'entamer les démarches. 3 bons mois pour encaisser et comprendre que ces mots n'étaient que des mots et qu'il s'agissait surtout de jargon administratif dans mon cas.

Mais il me fallait aussi admettre que les différents traitements et la maladie m'avaient abîmée. Neuropathies, fatigue, etc, etc...

Et que toutes ces démarches visaient surtout à me protéger vis à vis de cette société qui ne supporte pas que les corps et les esprits flanchent. Me protéger vis à vis d'éventuels employeurs peu scrupuleux. Me protéger vis à vis de l'administration. Me permettre de percevoir une pension pour survivre, au cas où. Survivre à la maladie, mais ne pas me retrouver à la rue à cause d'elle.

Spoiler alert : j'attends toujours la décision administrative de la Cramif (demande déposée en janvier, décision médicale accordée en février). J'ai dû reprendre le travail à temps plein pour ne pas perdre davantage d'argent.

Le dossier pour la RQTH est entre les mains de la MDPH depuis le mois de janvier également mais je n'espère pas une réponse avant cet automne.

Nous avons la chance de vivre dans un pays qui (pour l'instant), nous permet d'affronter la maladie relativement sereinement. Je n'ai pas eu à débourser une fortune.Mais la charge mentale, et toutes les démarches auxquelles nous devons faire face pendant et après la maladie sont colossales. Je remercie l'assistante sociale de la CPAM pour son accompagnement. J'estime avoir de la chance car je me débrouille bien avec la paperasse ; j'étais abattue par les traitements mais il me restait assez de neurones pour mener tout cela de front. Je suis entourée.

Mais j'espère de tout cœur que ces démarches seront un jour facilitées. Pour les personnes seules, trop affaiblies et qui ne dépendent que de l'aide d'assistantes sociales surmenées et sous valorisées.

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