Témoignage d'Isabelle, 57 ans, en rémission d'un cancer du pancréas lié à la mutation BRCA2 - @isabellechabrier_lindigestion
C'est par une recherche oncogénétique menée en raison d'un nombre élevé de cas de cancers dans la famille -sein chez ma sœur avant l'âge de 40 ans, estomac chez mon père- que je découvre être porteuse de la même mutation génétique que ma sœur : la mutation porte sur le gène BRCA2.
Les risques de cancer seins/ovaires avec un BRCA2 sont élevés et le médecin m'incite à faire le choix de la chirurgie prophylactique (ndlr : geste chirurgical effectué en l'absence de cancer du sein. L'intervention a donc un but préventif) : je ne veux pas de cancer, le médecin répond à toutes mes questions sur les bénéfices/risques, ces interventions sont lourdes mais peuvent se faire simultanément. Je prends le temps de réfléchir, et prend la décision de le faire.
En 2016, j'ai une double mastectomie avec reconstruction immédiate par prothèses, et ovariectomie (ablation chirurgicale d'un ou des deux ovaires). Bien que difficile à prendre, cette décision est pleinement intégrée et me permet de me sentir à l'abri.
Trois ans plus tard, à l'été 2019, je commence à perdre du poids et des douleurs apparaissent au niveau du ventre et du dos. Je consulte un autre généraliste que le mien et un ostéopathe, aucun ne détecte quoi que ce soit, je pars donc en vacances tranquillement.
Mais les douleurs deviennent de plus en plus fortes, principalement pendant les repas où je ne peux presque plus manger. De retour à Paris, le généraliste qui me suit me prescrit un scanner… qui détecte une masse.
Les rendez-vous s'enchainent : imagerie, urgences, biopsie. Et le verdict, 10 jours plus tard : cancer du pancréas, localement avancé, inopérable. Une autre conséquence du BRCA2, dont je suis atteinte.
Personne ne m’en avait parlé à l’époque, mais entre 1,4 % et 8,2 % des patients atteints d’un cancer du pancréas présentent une mutation du gène BRCA2.
Il est important d’en connaître les symptômes, bien qu’ils ne soient pas très faciles à déceler, et d’alerter votre médecin dès que vous en remarquez ...
- Une perte de poids non organisée/voulue
- Des douleurs dos/ventre
- Une jaunisse (coloration de la peau et/ou du blanc des yeux)
- Une fatigue inhabituelle
- Des modifications dans le transit (selles plus liquides / collantes / ...)
Je pense aussi qu’il faut s’écouter, entendre les signaux envoyés par le corps, ce qu’on néglige le plus souvent.
Il n’existe pas de dépistage systématique du cancer du pancréas. Mais sont considérées comme à risque :
- Les personnes ayant une mutation constitutionnelle dans le cadre d’un syndrome de prédisposition aux cancers (parmi lesquels BRCA1 et 2).
- Les personnes appartenant à une famille de cancer pancréatique familial (CaPaFa) sans mutation identifiée (pas de mutation mais patients ayant un parent et/ou grand-parent atteint d’un cancer du pancréas).
Il est donc important de connaître son histoire familiale en cas de cancer, quel qu’il soit, car ces informations peuvent s’avérer précieuses dans le cadre d’une éventuelle recherche oncogénétique.
Découvrez mon autre article sur l'application : "Cancer du pancréas : quand l'espoir renaît".
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Mon livre :
L'Indigestion, journal intime de mon cancer du pancréas, Isabelle Chabrier, Éditions de l'Harmattan, 212 pages, Janvier 2023.
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