Cancer de l'ovaire : mon contrôle annuel m'a sauvée

19/12/2025

Témoignage d'Olivia, 39 ans, en rémission d'un cancer de l'ovaire et d'une leucémie - mon.combat.by.olivia

Peux-tu te présenter ?
Bonjour, je suis Olivia, 40 ans dans quelques semaines, maman d'un ado de 14 ans. Assistante administrative de formation dans un CFA, je suis en rémission d'un cancer de l'ovaire.

Comment as-tu découvert ton cancer ?
J'ai été diagnostiquée 3 semaines après mon mariage, en juillet 2022, lors d'un contrôle annuel. Verdict : cancer de l'ovaire avec métastases sur l'epiploon et le péritoine.

Avais-tu déjà entendu parler du dépistage des cancers gynécologiques avant ton diagnostic ?
Non, je n'avais pas forcément entendu parler des dépistages gynécologiques avant ma maladie. Pour le sein, oui, avec la mammographie à partir de 50 ans mais gynécologiques, non.

Du coup, faisais-tu tes dépistages ?
J'ai toujours été suivie de près car, lorsque j'étais plus jeune, j'ai eu 2 gros kystes sur l'ovaire droit qui ont nécessité des opérations. De ce fait, je suis obligée de consulter un gynécologue tous les ans. C'est ce qui m'a sauvé la vie.

Comment as-tu vécu l’annonce ?
L'annonce à été un tsunami. Avec mon mari, le ciel nous est tombé sur la tête. Un cancer de l'ovaire à 36 ans et jeune mariée... Il a fallu digérer la nouvelle. J'ai eu très peur de mourir, surtout au début, et  j'ai d'ailleurs préparé mes dernières volontés....

Qu’est-ce que tu aurais aimé savoir à ce moment-là ?
J'aurais aimé être plus rassurée. Savoir que le chemin allait être long mais qu'on allait gagner la bataille.

As-tu ressenti de la culpabilité ?
Non, aucune, car mon cancer est génétique : je suis mutée BRCA1 (ndlr : altération génétique qui augmente fortement le risque de développer certains cancers, notamment du sein et de l’ovaire).

Tu ne le savais pas avant ?
Non, je ne connaissais pas ma mutation. Ma mère est décédée d’un cancer du sein quand j’avais 3 ans, mes oncles ont eu un cancer du poumon, et mon grand-père ainsi que mes arrière-grands-parents ont également été touchés par le cancer. Je n’avais cependant jamais fait de test génétique.

Comment s’est passée ta prise en charge médicale ?
15 jours après l'annonce, je commençais la chimio car il ne fallait pas perdre de temps. Mon médecin généraliste n'en revient toujours pas : c'est peu croyable en plein mois d'août !

Quels ont été tes traitements ?
La tumeur était inopérable vue sa taille. J'ai donc commencé par 6 chimios Carbo + Taxol, puis j'ai subi une grosse opération pour retirer la tumeur et tous mes organes féminins. J'ai ensuite eu 3 nouvelles chimios pour éliminer de potentielles cellules cancéreuses restantes.J'ai enchaîné avec un traitement anti-récidive : Avastin en injection toutes les 3 semaines et Olaparib en oral. Malheureusement, ce dernier m'a provoqué un syndrome myelodysplasique (forme de leucémie) : j'ai donc été greffée de moelle osseuse il y a quelques mois.

Comment as-tu concilié travail et traitements ?
J'ai été arrêtée pendant 1 an, puis j'ai repris en mi-temps thérapeutique et ça m'a fait beaucoup de bien : revoir mes collègues, remettre le cerveau en marche, être utile... c'était super important. Les traitements se sont intégrés à ce nouveau rythme de vie, et les choses ont fini par bien s’enchaîner.

Quel rôle ont joué tes proches dans cette période ?
Mes proches ont été ma force, surtout mon mari, il n'a pas loupé une seule chimio. C'était important pour lui, et sa présence l'était pour moi. Quel réconfort, ça n'a pas de prix.

Comment gères-tu la peur de la récidive ?
Ah la récidive... Cette fameuse épée de Damoclès au-dessus de la tête, c'est très difficile ! Le cancer de l'ovaire est un des cancers qui récidive le plus : on sait que ça reviendra, mais on ne sait pas quand.

Quels changements as-tu fait dans ta vie depuis ?
Je profite à fond, j'ai fait du tri dans mes amis pour m'entourer uniquement de personnes avec de belles énergies. Et surtout je suis devenue égoïste, je m'écoute beaucoup plus !

Si tu pouvais parler directement aux femmes qui ne prennent pas le temps de faire un dépistage, que leur dirais-tu ?
Je leur dirais de ne pas hésiter une seule seconde à se faire dépister. C'est grâce à ces dépistages et aux contrôles annuels que je suis en vie aujourd'hui ! Si elles ne le font pas pour elles, qu'elles le fassent pour leurs proches.

Un conseil aux proches-aidants pour mieux soutenir une femme dans ce parcours ?
Mon premier conseil, ce serait de prendre soin d'eux. Dans un parcours contre la maladie, on pense toujours aux malades mais rarement aux proches-aidants alors qu'ils joue un rôle clé. Ensuite d'être patients et compréhensibles. Parfois, les traitements et les angoisses peuvent changer le patient, le rendre plus sensible, plus fragile. La communication et l'écoute sont pour moi les choses les plus importantes.

Infos clés – Cancers gynécologiques
- Les cancers gynécologiques touchent l’ovaire, l’utérus, le col de l’utérus, l'endomètre, la vulve et le vagin.
Le plus fréquent est le cancer de l'endomètre avec + de 8 000 cas/an en France.

- Dépistage :
> Frottis tous les 3 ans (de 25 à 65 ans)
> Vaccination contre le HPV pour les filles et garçons, de 11 à 14 ans.

- Symptômes à surveiller :
Cliquez ici (Illustration de la Fondation ARC)

- Prévention :
> Se rendre chez le gynécologue une fois par an pour un examen de routine.
> Faire un frottis tous les 3 ans dès ses 25 ans, jusque 65 ans.
-> Suivre sa santé quand on est une femme : cliquez ici (Illustration info.gouv)

- Facteurs de risques :
Cliquez ici (Illustration de l'Institut de Cancérologie de Lorraine)


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