Quand on traverse un cancer, les mots manquent parfois. Trop d’émotions, trop de stress, trop de fatigue… Et si l’art vous permettait d’évacuer ? C’est exactement ce que propose l’art-thérapie : utiliser la création pour exprimer, apaiser et retrouver une certaine paix.
L’art-thérapie, kézako ?
Pas besoin d’être un artiste dans l’âme ! L’art-thérapie, c’est une approche qui utilise le dessin, la peinture, la sculpture, l’écriture, la musique… pour libérer les émotions et reconnecter avec soi-même. Ce n’est pas le résultat qui compte, mais le fait de créer, de laisser parler son ressenti autrement que par les mots.
Quand recourir à l’art-thérapie pendant un cancer ?
Bonne nouvelle : à toutes les étapes du parcours, en complément des traitements médicaux.
C’est une bulle d’expression et de bien-être qui s’adapte à ce que vous vivez sur le moment.
Avant les traitements : exprimer ses peurs et se préparer
L’annonce d’un cancer, c’est un tsunami émotionnel. L’art-thérapie peut aider à :
- Mettre des images sur ses émotions, quand les mots ne suffisent pas.
- Apaiser l’angoisse en se concentrant sur un geste créatif.
- Créer un espace de lâcher-prise, rien que pour soi.
Pendant les traitements : se recentrer et s’évader
Entre les rendez-vous médicaux et la fatigue, difficile de penser à autre chose que la maladie.
L’art-thérapie offre un moment hors du temps pour :
- Exprimer son ressenti sans tabou, sans avoir à tout expliquer.
- Détourner l’attention de la douleur et du stress.- Garder une connexion avec soi-même, au-delà de la maladie.
Après les traitements : se reconstruire en douceur
Une fois les traitements terminés, il faut retrouver ses repères, réapprendre à habiter son corps, à projeter l’avenir.
L’art-thérapie aide à :
- Se réapproprier son image et son corps.
- Extérioriser ses craintes et avancer plus sereinement
.- Retrouver du plaisir et de la créativité dans son quotidien.
Jusqu’à quand pratiquer l'art-thérapie ?
Il n’y a pas de règle ! Certains arrêtent quand ils en ressentent moins le besoin, d’autres continuent parce que ça leur fait du bien sur le long terme. L’art-thérapie devient alors une ressource, un outil personnel pour exprimer ses émotions, à tout moment.
Accessible à tous et sans pression
Que vous soyez Picasso ou incapable de dessiner un bonhomme en bâtons, peu importe ! L’art-thérapie ne juge pas, elle accueille et permet d’exprimer ce qu’on n’arrive pas toujours à mettre en mots.
💡 Bon à savoir : Certaines mutuelles prennent en charge une partie, voire la totalité des frais. N'hésitez pas à contacter la vôtre pour connaître les conditions de remboursement prévues dans votre contrat.
⚠️ Attention : L’accompagnement par un art-thérapeute ne peut en aucun cas se substituer un avis ou un traitement médical.
Article corrigé et validé par Ylvie de Kam, art-thérapeute (Montsûrs) et praticienne référencée sur Quatre février*
TÉMOIGNAGES
Mélanie, 45 ans : "Je n'arrivais pas à verbaliser mes émotions"
Suite à un burnout en 2017, après 15 ans dans une banque, j’ai quitté mon poste de responsable rémunérations et j’ai repris des études de décoration d’intérieur en septembre 2018, avec l’envie d’introduire le bien-être, le beau et le style dans les intérieurs des maisons. Une 1ère reconnexion à la création. Fraichement diplômée en mars 2019, j’étais sur le point de créer mon entreprise lorsque j’ai découvert par hasard, en prenant ma douche, une boule dans mon sein gauche. Les examens médicaux se sont vite enchainés, ne faisant que confirmer mes craintes. On me diagnostique un cancer du sein en avril 2019, l’année de mes 40 ans, nécessitant des traitements lourds sur 18 mois et une hormonothérapie sur 5 ans.
Après le tsunami de l’annonce, vient le temps de mobiliser ses ressources intérieures. J’ai choisi de raser mes cheveux 15 jours après ma 1ere injection de chimiothérapie. Et paradoxalement, je me suis sentie fière, forte et courageuse, presque pour la première fois de ma vie.
Ma devise : ne pas subir. Être actrice de sa guérison.
Je fréquente des lieux de santé intégrative et je me remets au centre de ma vie. Cette phase de soin m’a permise de me découvrir des ressources cachées, de faire un travail sur moi et d’aller au-delà de mes peurs, d’oser, d’exprimer mes ressentis.
Très vite l’envie de partager mon parcours et mon expérience s’impose à moi : Les Karnets de Mel voit le jour à travers un compte Instagram et un blog. L’écriture comme médicament. Les carnets comme outil de résilience.
Une grande partie de ma guérison, qu’elle soit physique ou émotionnelle, a été déposée dans des carnets : dessins, collage, écriture de mes ressentis, de mes projets, reconnexion à mon intuition et à ma créativité, à la pleine conscience et l’intentionnalité.
“Tenir un journal est un voyage intérieur” Christina Baldwin
J’ai également fait de la photo-thérapie pour me réconcilier avec mon corps et ma féminité.
J’ai été suivie en art-thérapie pour m’aider à traverser mes émotions là ou je n’arrivais pas toujours à verbaliser, à surmonter des blocages inconscients, à réparer mes blessures. L’expression artistique est le moyen le plus direct de renouer avec la transformation, la spontanéité et la vie.
Stéphanie, 37 ans : "L'art-thérapie m'a guidée durant l'après-cancer"
C’est en me renseignant sur les différentes activités proposées par la Ligue contre le cancer de mon département (Rhône), que j’ai découvert l’art-thérapie. Je ne savais pas trop en quoi ça consistait mais j’ai eu envie d’essayer !
J’ai commencé les séances alors que je venais de terminer mes traitements et que j’entrais doucement dans la dépression… dans le même temps j’avais un suivi psychologique, qui m’aidait beaucoup, mais ce n’était pas toujours évident de trouver et poser les mots sur ce qui se passait dans ma tête… alors qu’en séance d’art-thérapie, j’ai découvert un espace qui me permettait de m’exprimer, déposer des choses d’une autre manière, sans avoir à réfléchir, sans chercher à identifier ou à comprendre quoi que ce soit. J’ai adoré être dans le simple plaisir de faire, tout en ayant un côté très libérateur. J’ai également trouvé un espace avec le parfait équilibre entre le lâcher prise (tout est permis !) et l’accompagnement dont j’avais besoin. L’art-thérapeute a toujours su me guider pour que je ne me sente pas perdue (pas toujours facile de trouver l’inspiration et je ne sais pas du tout dessiner).
L’art-thérapie m’a également permis de rencontrer d’autres femmes (malheureusement je n’ai jamais croisé d’hommes au cours de mes séances) qui traversaient des épreuves similaires. C’était chouette de partager ces moments, échanger sur nos parcours ou juste papoter de tout et de rien, tout en créant des œuvres (oui j’ose parler d’œuvres 😅), toutes différentes les unes des autres, mais qui étaient toutes chargées en émotions.
* Rendez-vous sur Quatre février, la première application dédiée à tous les cancers qui relie patient et proches en un clic, dès l'attente du diagnostic.
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